Voici un tuto démontrant les méthodes de cracking d'applications en java. Ces applications se repèrent par leurs archives dont l'extension est en *.jar (voire *.apk pour Android).

Je n'entrerai pas dans les détails et irai au plus simple en me contentant de donner les pistes de recherches pour aviser dans les cas alternatifs.

La démonstration se fera sur un logiciel peu protégé mais dont le crack n'existe pas vraiment. Il s'agit du logiciel VIDAL (2012/2013 ici); C'est un logiciel médical français rassemblant l'ensemble des « résumés des caractéristiques du produit » des médicaments fabriqués par les laboratoires pharmaceutiques. Une nouvelle version majeure sort tous les ans, et une version mineure sort tous les trimestres. Chaque version a une date limite d'utilisation qui sous couvert de sécurité, incite par la force, le rachat du logiciel par le corps médical et éventuellement par les étudiants.

Bref, les étudiants et autres n'ont pas besoin d'une monographie mise à jour de façon trimestrielle. Voici donc le moyen de passer cette foutue limitation.

Page web avec plus de détails et ayant servi de source d'inspiration => http://www.jmdoudoux.fr/java/dej/chap-decompil.htm.

Sommaire:

Fichier JAR - A propos & décompression

Jar est en fait un fichier Zip contenant les classes java compilées. Ces classes ont une extension en *.class; Elles sont compilées à partir des sources en *.java, par l'utilitaire "javac" fournit dans le JAVA JDK (Java Developpement Kit), (non nécessaire ici), qu'on peut installer (disponible ici).

Certains fichiers Jar sont signés (ce n'est pas le cas dans notre exemple), et la moindre modification entrainera un plantage du logiciel. C'est le cas pour les apk d'Android qui sont des jar renommés.

Pour contourner le problème, la solution se situe encore dans le Java Developpement Kit. Il suffit de générer soit-même des clés et de signer soit-même le jar.

Les utilitaires sont : keytool et jarsigner.

Décompilation des class

Les fichiers class sont d'autant plus remarquables que leur code source peut être obtenu facilement avec un processus de décompilation. Le debugger n'est donc pas l'outil privilégié pour cracker ces logiciels puisqu'on a le code source sous les yeux.

Je cite :

La décompilation est possible parce que la compilation du code source ne produit pas du code machine binaire mais produit du bytecode qui est un langage indépendant de toute plate-forme. Lors de son exécution, le bytecode peut être interprété ou compilé en code machine. Le format du bytecode est assez proche du code source, ce qui permet de réaliser une décompilation relativement facilement notamment pour ce qui concerne la logique des traitements.

Un outil de décompilation parmi d'autres : JAD (Java Decompiler), "DJ Java decompiler" (à cracker), lui, est presque un véritable environnement de programmation.

Extraction des class: winrar jar file

Commande pour décompiler tout le dossier provenant du jar: jad command

$ jad -s java -d src -r com/**/*.class

Dans l'ordre: Donner l'extension .java aux fichiers décompilés et les placer dans le dossier src placé à coté du dossier com contenant les fichiers class.

Des erreurs de décompilation peuvent survenir. Tout le code n'est pas forcément produit mais dans notre cas en tout cas l'essentiel est obtenu. Parfois le code est obfusqué. Les noms des classes, méthodes, variables, textes sont modifiés. Le tout pour rendre presque incompréhensible le résultat d'une décompilation.

Ce n'est pas le cas ici. Poursuivons.

Analyse de la décompilation

On va rechercher ici ce qui nous intéresse... Il s'agit de cracker un système basé sur des dates. Supposons que les méthodes et variables gérant cela comportent le mot "date" dans leurs noms :p

J'utilise le logiciel gratuit "Agent Ransack" pour faire ces recherches dans les fichiers obtenus. Bien meilleur et plus rapide que la recherche moisie de Windows, voilà ce qu'il nous donne:

Agent Ransack utilisation

Rapidement j'identifie une zone très intéressante (marquée en rouge).

Ouvrons donc le fichier: DateOfKillCheckerImpl.java

La méthode checkDateOfKillStatus() est TRES parlante. Plusieurs tests sont réalisés. Selon le résultat de ces tests, d'autres tests sont faits ou pas. Le but de l'ensemble est de renvoyer une valeur d'une énumération adaptée: KO, WARNING, STILL_OK, OK.

Une seconde méthode juste en dessous est aussi parlante. On pourrait imaginer renvoyer systématiquement une valeur négative pour espérer bénéficier d'une activation permanente. Après essai, il n'en est rien. Quelque soit la valeur retournée, je n'ai pas réussi à modifier le comportement du logiciel comme cela.

Bref, il faut garder en tête que la compréhension totale des fonctions n'est pas absolument nécessaire. Il ne s'agit pas de la vérification de la validité d'un fichier de licence ou d'une clé d'activation; Ici c'est basique, il faut que checkDateOfKillStatus() renvoie toujours OK vous l'avez compris..

Crack

2 écoles ici.

1 : Recompilation

Pour les petits projets vous pouvez directement modifier le code et recompiler avec l'utilitaire javac présent dans le JDK.

Exemple:

$ javac -cp .;c:\Progra~1\Java\jdk1.5.0_17\lib;C:\app newfile.java

Seulement ici, le projet est plutôt conséquent, l'utilisation de javac va être complexe, et on va rapidement avoir besoin d'importer le projet dans un IDE (logiciel de développement) de type Eclipse.

Je n'aime pas le Java, je n'aime pas Eclipse, je n'ai pas le temps de réapprendre à m'en servir et j'ai besoin de cracker ce machin rapidement..

2 : Analyse du binaire (.class) via désassembleur/debugger

La méthode est très similaire à celle utilisée pour cracker une application normale (.exe sous windows). On va utiliser l'excellent logiciel IDA, produit par Hex-Rays.

Payant mais trouvable sur le net, il permet de visualiser graphiquement le code assembleur. L'outil rêvé de toute personne allergique aux désassembleurs comme OllyDbg qui ne permettent pas d'avoir un aperçu graphique structuré des fonctions d'un programme. Notez que à mon goût, IDA ne se substitue pas à OllyDbg.

Voici donc la zone de notre code java, désassemblée par IDA à partir du fichier class correspondant.

IDA java class

Quelques similarités non ?

KO, WARNING, STILL_OK, OK sont placés sur la pile à l'adresse met004_slot002 Puis il y a sortie des conditions pour arriver au return de checkDateOfKillStatus() qui retourne... met004_slot002 :)

On pourrait effacer toute la fonction et ne laisser que l'équivalent de:

static DateOfKillStatus checkDateOfKillStatus(License license, LocalDate currentDate)
{
    DateOfKillStatus status;
    status = DateOfKillStatus.OK;
    return status;
}

Mais ça n'a pas l'air de marcher ou je m'y prends mal. Bref, allons au plus rapide, on sélectionne l'énumération DateOfKillStatus.OK et on jette un coup d’œil sur le code hexadécimal.

IDA hex dump

status = DateOfKillStatus.OK correspond à l'instruction B2 00 15

on voit que les zones jaunes au dessus correspondent respectivement à:

B2 00 0F => status = DateOfKillStatus.KO
B2 00 12 => status = DateOfKillStatus.WARNING
B2 00 14 => status = DateOfKillStatus.STILL_OK

Voilà... Vous l'avez peut être déjà compris, on va remplacer 0F, 12, et 14 par 15 :p La touche F2 permet l'édition.

IDA hex dump

Après modification, retour sur l'onglet de visualisation graphique: IDA final patch

Magique.

Patch du binaire

Si le binaire avait été un .exe on aurait pu produire un patch depuis IDA. Ici soit je ne sais pas comment faire, soit ce n'est pas possible.

Retour aux bonnes vieilles méthodes => l'éditeur hexadécimal. J'utilise Hex Worshop. On recherche une chaine hexadécimale assez large autour de la zone convoitée, histoire de ne pas modifier une zone de code similaire mais localisée ailleurs dans le programme...

PS: IDA nous donne l'offset de la zone hexadécimale qu'on modifie. Ici c'est 0E80. Ca aide pour ne pas faire d'erreur.

IDA patch

On retrouve donc nos B2 00 xx On modifie en plaçant le curseur où l'on veut. On enregistre et le travail est fait :p

Plus qu'à remplacer le fichier DateOfKillCheckerImpl.class par le fichier modifié dans merlin-utils.jar avec WinRar.

On lance l'application Vidal et miracle aucune fenêtre d'invalidation de la version en cours. Have fun !